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L’entraînement physique au baseball
L’entraînement physique au baseball
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L’entraînement physique au baseball
L’entraînement a énormément évolué jusqu’à aujourd’hui. La mentalité de la victoire à tout prix ainsi que celle où il faut s’épuiser totalement après chaque entraînement est dépassée. De nombreuses études et recherches au cours des quarante dernières années ont grandement amélioré les bases théoriques du sport. Il faut donc se servir de ces progrès afin d’améliorer la qualité des interventions et des entraînements pour tout sport. Le baseball mineur au Québec devrait suivre cette tendance.
Le baseball, un sport beaucoup plus complexe qu’on le pense
FORCE ET VITESSE
L’entraînement en musculation
L’importance du repos en entraînement
À première vue, le baseball peut paraître comme un sport n’ayant pas beaucoup de stratégies et d’éléments à analyser durant un match. Le but est de simplement cogner la balle le plus loin possible et la défensive doit tout bonnement tenter de l’attraper ? Au contraire, le baseball est un sport complexe comportant énormément de déterminants de la performance sous une multitude de qualités. N’importe quel entraîneur du réseau de développement Midget AAA vous dira qu’il a 100 choses à penser à la fois! Que ce soit la position de ses voltigeurs, le choix du tir du lanceur, sélectionner le bon lanceur au bon moment, trouver la stratégie pour éviter la grosse manche ou pour retenir un coureur, etc. Ce ne sont que quelques-unes des choses à penser dans une partie pour un entraîneur expérimenté.
Il en est de même pour l’entraînement physique. Il faut être un athlète complet pour performer à un haut niveau au baseball. Il ne faut pas seulement avoir de la force pour frapper une balle loin. En effet, le temps de réaction, la force-vitesse, la proprioception, la coordination, la technique ainsi que la force maximale d’un individu est à considérer dans le cadre d’une bonne performance comme frappeur. Que ce soit en défensive, sur les buts ou au monticule, un joueur de baseball doit posséder des qualités physiques importantes.
C’est aspect est indéniablement important pour tout joueur de baseball. Le baseball est définitivement un sport de puissance. Un lanceur aurait avantage à avoir une bonne balle rapide et un frappeur à cogner la balle avec le plus d’aplomb possible. Celui-ci se doit également d’être rapide sur les buts et le joueur en défensive doit se déplacer rapidement et avoir un bon bras. Pour performer dans un haut niveau, il faut être puissant. Certaines personnes diront que Greg Maddux n’avait pas la balle rapide la plus explosive, mais qu’il a quand même remporté 4 trophées Cy Young au cours de sa carrière. Cependant, il ne faut pas oublier qu’il avait une balle rapide oscillant entre 87 et 91 mph. Il n’y a pas énormément de lanceurs au Québec capable d’atteindre cette vitesse.
Malheureusement, nous ne sommes pas tous nés avec la même chance d’atteindre un haut niveau au baseball. En effet, la puissance est excessivement génétique. On estime qu’environ 20% de la puissance peut s’améliorer. Le 80% restant est complètement génétique.
Cependant, le 20% pouvant s’améliorer est capital. Le joueur qui s’entraîne rigoureusement devancera son coéquipier paresseux grâce au 20% qu’il a pu aller chercher. Donc, une emphase considérable doit être mise pour améliorer cet aspect. Des sprints doivent être exécutés très tôt et continuellement. Il en va de même pour les bras de nos joueurs. Ils doivent continuellement tenter d’améliorer la vitesse de leur bras en se lançant très régulièrement à 100%. Évidemment, il ne faut épuiser le bras d’un jeune pour autant. De plus, éviter le plus possible un trop grand nombre de balles à effet permet d’accentuer la vitesse du bras et ce, grâce à une plus grande proportion de balles rapides. Également, éviter le plus possible les entraînements excessifs en endurance qui ne sont pas du tout spécifiques au baseball.
Lorsque les joueurs seront suffisamment âgés, il est indispensable de commencer un entraînement en musculation. Tous les joueurs professionnels s’entraînent à l’année en musculation et sont suivis par un entraîneur qui s’occupe à plein temps de leur entraînement physique. Pour passer à un autre niveau, il faut commencer à s’entraîner suffisamment tôt. L’entraînement sportif est très complexe, surtout au baseball. Il ne faut pas copier les exercices des sites internet de « bodybuilding » ou prendre comme modèle Arnold pour espérer s’améliorer au baseball. Également, il ne faut pas laisser aller les joueurs avec des entraîneurs peu connaissants des exigences du baseball. Ceux-ci peuvent très bien leur donner un programme d’entraînement peu adapté, apportant plus de négatifs que de positifs. Il faut bien sélectionner ses entraîneurs de musculation et il est parfois plus adéquat d’investir davantage pour trouver un professionnel en la matière plutôt que de ne rien dépenser et avoir un entraîneur peu qualifié. Croyez en mon expérience, les bons entraîneurs physiques ne courent pas les rues! En effet, l’emphase est généralement mise pour que le jeune ait une masse musculaire très imposante et les entraîneurs préfèrent donner plus de volume d’entraînement que pas suffisamment! J’ai déjà vu un jeune hockeyeur de 14 ans sans aucune expérience se faire donner un programme dans lequel il avait 5 jours d’entraînement avec des exercices très exigeants, tout en ayant 2 pratiques de hockey intense durant cette semaine. On est très loin du développement à long terme de l’athlète (DLTA)!
En réalité, un entraînement au baseball doit permettre à l’athlète d’acquérir une masse musculaire optimale et non maximale, tout en conservant une bonne flexibilité. De plus, il faut tenter d’améliorer la force d’un joueur ainsi que sa force-vitesse (capacité d’exécuter des gestes explosifs). Cependant, mise en garde très importante, il faut améliorer ces qualités physiques chez un jeune tout en respectant ses capacités, son âge, son expérience et son niveau de fatigue. Plusieurs entraîneurs ont la réputation d’être de vrai bourreau et de vouloir que ces jeunes athlètes de 15 ans s’entraînent comme Barry Bonds.
Contrairement au fameux mythe vieux comme le monde, l’entraînement en musculation n’arrête cependant pas la croissance. Si c’était le cas, je crois que j’aurais été 6pi10 pouces puisque j’ai commencé à m’entraîner à 13 ans. À propos, je suis présentement 6pi3 pouces! Néanmoins, les jeunes athlètes sont plus fragiles au niveau musculaire et osseux, mais surtout, à cause de leur vécu. Leur inexpérience, causé par une force insuffisante et un manque de coordination peut amener des blessures si l’entraînement est trop exigeant. Il ne faut pas non plus exagérer au point d’abolir tout entraînement avant 18 ans. Un jeune athlète ayant des programmes d’entraînements adaptés à ses besoins et à son niveau aura davantage de bénéfices qu’un jeune à cet âge qui ne s’entraîne pas, de peur de se blesser ou d’arrêter de grandir! C’est pour cette raison qu’il faut commencer à s’entraîner tôt et qu’il faut à tout prix sélectionner de bons entraîneurs.
Un slogan arrive constamment à l’affiche lorsqu’on parle d’entraînement sportif : « No pain, no gain ». On peut interpréter cette phrase en pensant qu’il faut s’entraîner continuellement et toujours se « vider ». Dans le contexte actuel, un nouveau slogan devrait s’imposer : « No rest, no gain »! Si un joueur n’est pas suffisamment reposé, que ce soit sur le terrain ou en salle d’entraînement, il est totalement inadmissible qu’il soit à son meilleur niveau de performance. En effet, il est absolument impossible d’être à son plus haut niveau de force et de vitesse en état de fatigue. Lorsque le joueur n’est plus aussi alerte et vif qu’à l’habitude, arrêtez l’entraînement! Il est inutile de poursuivre, puisqu’il est probablement en état de fatigue et espérer améliorer sa vitesse relève de la science-fiction dans cette situation.. L’approche militaire à la Scotty Bowman ou à la Stan dans les Boys IV est un très bon moyen pour diminuer les performances et fatiguer davantage ses jeunes athlètes. Sidney Crosby ou Alex Rodriguez peuvent survivre à un tel « régime », mais un jeune homme de 13 ans en développement et en croissance va se brûler et se démotiver.
Charlies Francis, l’ancien entraîneur personnel de l’ex sprinteur vedette Ben Johnson, disait toujours : « En faire moins est mieux. Si tu es dans le doute, fais moins d’exercices ». Donc un repos optimal doit être considéré en tout temps dans la planification d’un entraînement au baseball.
Chronique d'Antoine Bernier :
Spécialiste en encadrement physique et sportif et entraîneur adjoint dans le programme sport-études baseball Du Triolet.
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